Une chose existerait-elle qui ne serait  vue ni nommée par personne?

Le réel n’est-il rien d'autre que ce que nous voyons et nommons?
Que « voit » la pellicule d’un appareil photographique?

Vole-t-elle au cours du temps une image de ce qui a été?
La médiation technique de l’appareil est-elle paradoxalement la seule façon de refléter la subjectivité du regard?

 
Le travail présenté ici n’a pas pour but de faire des images d’un sujet qui par son caractère exceptionnel aurait mérité qu’on le sauve de l’oubli.
Il essaye plutôt de se servir de l’appareil photographique pour révéler ce que l’œil, trop habitué à l’apparente banalité des choses, ne sait plus voir, une fenêtre sur un monde invisible; de montrer que, tout autant que le regard voit le monde, le monde n’est qu’un reflet de l’âme sur l’eau de ce regard.

 
Ce site présente des extraits du travail photographique de Michael Bennoun.

Would a thing exist which would neither be seen nor named by no one?
Is the reality nothing else than what we see and name?
What "sees" the film of a camera? Does it steal to time an image of what was?
Is the camera technical mediation paradoxically the only way to reflect the subjectivity of one’s look?

The work presented here does not aim to make images of a subject that by its uniqueness would have deserved that one might save it from oblivion.
Instead, it tries to use the camera to reveal what the eye, too used to the apparent banality of things, can’t see anymore, a window on a invisible  world; to show that, as far as the eye sees the world, the world is only a reflection of the soul on the water of this gaze.

This site presents excerpts of the photographic work of Michael Bennoun.